Paul Carcenac, journaliste et scénariste de bandes dessinées

Paul Carcenac © DR

Pour débuter, je vous demande une biographie. Quel est votre parcours ?

Paul Carcenac : J’ai 35 ans, je suis originaire d’Albi dans le Tarn. Depuis plusieurs années, je travaille au Figaro où je suis chef du service Palmarès. En parallèle de cette activité professionnelle, je réalise des scénarios de bandes dessinées.

Quelle est la genèse de cette activité de scénariste de bandes dessinées ?

Paul Carcenac : La bande dessinée a toujours été mon média préféré. J’en ai lu énormément quand j’étais jeune, notamment les grands classiques (Astérix et Obélix, Tintin) qui m’ont beaucoup marqué, inspiré. Mais ce n’est qu’à la trentaine que j’ai voulu développer davantage cette passion pour la bande dessinée, en devenant scénariste, en collaborant avec différents dessinateurs.

Justement, en collaboration avec les scénariste et dessinateur Pierre-Roland Saint-Dizier et Christophe Girard, vous avez consacré une biographie à Boughéra El Ouafi, médaillé d’or méconnu aux Jeux olympiques d’Amsterdam en 1928. Comment ce livre est-il né ?

Paul Carcenac : Il est né d’un souhait : mettre en lumière un personnage injustement oublié malgré ses exploits sportifs et son engagement pour la France durant la Première Guerre Mondiale. Au départ, nous voulions publier la bande dessinée pour les J.O. de Tokyo, mais elle n’a pas pu être finalisée à temps, malheureusement.

Cela a-t-il nui à la circulation du livre ?

Paul Carcenac : Non puisque certains journaux ont parlé du livre et de la trajectoire de Boughéra El Ouafi. On a également eu des retours positifs de la part des lecteurs. C’est surtout cela qui nous importait, car c’est un homme qui n’a pas eu les honneurs qu’il méritait de son vivant.

De quelle façon analysez-vous l’oubli dans lequel cet homme est tombé malgré ses exploits ?

Paul Carcenac : C’est lié au fait qu’il n’a pas pu continuer sa carrière puisqu’il a été radié de l’athlétisme pour un fait évoqué dans le livre. Depuis, on n’a peu entendu parler de lui. Il est redevenu ouvrier et a continué sa vie d’avant.

Comment expliquez-vous les exploits accomplis par Boughéra El Ouafi alors que rien ne destiné à une telle carrière dans le sport ?

Paul Carcenac : C’est d’abord grâce à l’armée qui a repéré ses capacités extraordinaires lors de la Première Guerre Mondiale, qui lui a permis de faire ses premières courses. Ensuite, c’est grâce au système sportif de l’époque qui permettait d’avoir des clubs dans les entreprises, dans les usines. Dans son cas, ce sont les usines Renault de Boulogne-Billancourt où il était employé lui ont permis de s’affirmer, de devenir un excellent coureur.

Malgré ces capacités extraordinaires, L’Or del Ouafi met en avant son humilité et sa détermination

Paul Carcenac : La détermination est commune à tous les grands sportifs, professionnels ou amateurs. Sans cela, aucun sportif n’arriverait à un tel niveau.

Comment s’est passée la collaboration avec les scénariste et dessinateur du livre ?

Paul Carcenac : Très bien ! Je suis vraiment admiratif du travail de Christophe Girard et de Pierre-Roland Saint-Dizier, le co-scénariste qui m’a un peu appris l’écriture de scénarios en bandes dessinées. À l’époque, c’était mon premier projet de livre, contrairement à lui qui en avait déjà publié une vingtaine. Les séances de travail et de documentation ont été très intéressantes. Ensemble, nous avons appris beaucoup de choses grâce aux journaux d’époque tels que Gallica.

Les dialogues de votre bande dessinée ont la singularité d’être écrite dans une très belle langue française. Quelle relation entretenez-vous avec la langue française ?

Paul Carcenac : Un rapport de travail quotidien. En tant que journaliste, je passe mes journées à écrire, corriger, relire, améliorer des phrases. C’est pareil en tant que scénariste.

Le journalisme a-t-il l influencé votre écriture, votre travail de scénariste ?

Paul Carcenac : Oui ! Ce que j’aime en tant que journaliste, c’est la clarté et la simplicité du propos. C’est ainsi que je conçois mes articles et livres, en me mettant toujours à la place du lecteur. La lecture d’un livre doit être divertissant. Ce sont des caractéristiques que je retrouve chez de nombreux auteurs que j’aime tels que Goscinny, Uderzo, Maurice. Chez Hergé aussi qui m’a énormément marqué avec Tintin, un classique indépassable. Ce sont des auteurs qui m’inspirent, qui m’ont formé.

Quels conseils donneriez-vous à celles et ceux qui ont envie de se lancer en bandes dessinées ?

Paul Carcenac : De se lancer si l’envie est là.

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